Le vin qui fait maigrir: info ou délire?

Si on en croit Internet, le vin rouge serait bon pour le cœur, ferait maigrir, et remplacerait même l’exercice physique. Pourtant on nous répète que l’alcool est mauvais pour la santé.

Alors j’en fais quoi, de mon verre de rouge ?

Soyons claires : le vin contient de l’alcool, et l’alcool a des effets délétères sur l’organisme : c’est une substance addictive. Elle modifie le comportement, facilite la prise de risque (pour soi et les autres) En grande quantité elle augmente les risques de développer des cancers de la bouche, de l’estomac ou du foie. Sans parler de la cirrhose, de la santé mentale et du reste…

Bref, c’est pas joli-joli.

Sauf que :

Sauf que le vin rouge n’est pas composé que d’alcool, et qu’il contient des éléments qui intéressent les chercheurs depuis pas mal d’années. Tanins et phénol seraient à l’origine du « french paradox », à savoir notre capacité franchouillarde à manger du foie gras et boire du vin sans compromettre notre santé.

Le vin serait bon pour le cœur…

Une consommation modérée serait associée à une meilleure santé du cœur et des vaisseaux sanguins, et à un taux de « mauvais » cholestérol plus bas.

… la poitrine…

Alors que la consommation d’alcool (même modérée) augmente les risques de cancer du sein, le vin rouge, lui, aurait un effet inverse.

… et les muscles.

À l’université d’Alberta, une équipe de chercheurs a prouvé l’efficacité du resvératrol, un composé contenu dans le vin rouge, pour maximiser les effets du sport. Cette même substance a aussi été étudiée par une équipe de Strasbourg qui espère que les astronautes pourront s’en servir pour maintenir leur masse musculaire malgré des séjours prolongés en apesanteur. Le ballon de rouge bientôt à la conquête de l’espace ?

Plus proche de nous, le vin rouge permettrait même de brûler la graisse ! 

Des chercheurs de l’université de l’Oregon ont identifié un composé présent dans le raisin qui ralentirait la croissance des cellules graisseuses et aiderait le foie à à « digérer » les graisses plus facilement.

À lire tout ça, on a envie de descendre sa bouteille de Bordeaux, non ?

Sauf que (encore) :

Le resvératrol supposé nous faire de super muscles est présent en toute petite quantité dans le vin. Les études citées plus haut utilisent une forme concentrée de cette substance, à prendre en pilule. Une autre équipe a comparé le resvératrol avec un placébo sur des humains soumis à un entrainement sportif. Résultat ? Le resvératrol aurait plutôt tendance à annuler les bienfaits de l’exercice.

En Oregon, l’équipe qui a mis en évidence un effet « brûle-graisse » n’a pas non plus utilisé de vin rouge sur ses sujets, qui étaient… des rats. Et si les petites bêtes ont bien vu le fonctionnement de leur foie s’améliorer, elles n’ont pas pour autant perdu de poids.

Pour la silhouette, c’est donc pas gagné. Et la santé ?

Si on n’a pas encore d’explication précise quant aux effets observés sur le cœur ou le risque de cancer du sein, on observe pourtant bien un lien entre vin et santé. Le jour où votre médecin vous prescrira un chianti viendra peut-être un jour (mais pas cette semaine).

En attendant, j’en fais quoi de mon verre de rouge ? 

Je le bois, avec modération, et uniquement si j’aime ça. Parce que c’est plein de bonnes choses, outre le resvératrol : des polyphénols, des flavonoïdes, des tanins, le goût du terroir…

Parce que ça peut faire partie des plaisirs de la vie, comme les bons petits plats, l’amitié et les balades en forêt…

Parce qu’on peut bien se faire plaisir sans analyser les bienfaits du moindre aliment qui passe nos lèvres.

Parce que le vin rouge se marie bien avec le chocolat noir, et ça on SAIT que c’est un aliment miraculeux !