Comment redéfinir ma personnalité m’a fait perdre 25 kg (et pourquoi ça peut vous intéresser)

[cet article est adapté de mon livre « Métamorphose »]

« La grosse », c’est ainsi que je me suis considérée, toute ma vie. Mon poids comme première caractéristique et comme défaut majeur. J’étais trop grosse, c’était une faute, et c’était de ma faute. C’était devenu mon identité, et cela me rendait malheureuse.

Alors, bien sûr, j’ai essayé de perdre du poids. Je ne compte même plus les régimes entrepris ces 20 dernières années. Et vous savez quoi ? J’étais très capable de perdre du poids. Le problème, c’était de ne pas le reprendre. Dès que j’avais atteint mon objectif, pouf ! retour des kilos en trop, avec quelques copains en plus pour faire bonne mesure. 

Le scénario vous semble familier ?
Je vais vous expliquer pourquoi j’ai passé 20 ans à faire le yo-yo avec mon corps, comment j’ai enfin réussi à perdre beaucoup de poids et à ne pas le reprendre, et vous donner quelques pistes de réflexion pour vous aider à faire le point sur votre propre situation.

Le gras comme identité

Nous avons tous une image de nous-mêmes, et nous nous y conformons, parfois sans nous en rendre compte. Nous passons à côté d’opportunités, abandonnons des activités, ignorons des pans entiers de notre environnement parce que nous sommes persuadées que ce n’est « pas pour nous ».

Moi, j’étais cette grosse fille, intelligente mais timide, que tout le monde décrivait depuis mon enfance. Trop renfermée pour être active, trop molle pour être sportive, ma place était au milieu des livres.

J’ai grandi avec cette image. C’était rassurant, une sorte de guide pour vivre ma vie.

Et donc forcément, dès que je sortais de ce cadre — en perdant beaucoup de poids ou en commençant une activité sportive par exemple — je me sentais comme en terre étrangère. Une touriste dans ma propre vie. ET comme toutes les vacances ont une fin, je mettais systématiquement fin à ces périodes de minceur active. Soudain ma motivation me faisait faux-bond ; des fringales venues de nulle part me faisaient vider le frigo, et je ressentais de plus en plus d’angoisse à l’idée d’aller pratique un sport que j’aimais pourtant. (De la plongée sous-marine au kung-fu, j’en ai testé des activités qui me plaisaient mais que j’ai fini par abandonner à cause de l’angoisse qu’elles provoquaient en moi.)

Et je revenais invariablement vivre dans mon corps trop mou et trop gros à mon goût, renforcée dans l’idée que, décidément, « tout ça n’était pas pour moi ».

Une autre personnalité ?

Et puis un jour, après de longues années de remise en question, j’ai compris que :

— cette « intello molle » n’était pas moi. C’était l’image qu’on m’a collée dès la naissance, afin de m’empêcher de me développer pleinement ;

— je n’avais aucune idée de qui j’étais vraiment. Mais j’avais quelques indices. Ces périodes de ma vie pendant lesquelles j’avais pris un plaisir immense à plonger, pratiquer un art martial ou piloter ma moto, malgré l’angoisse qui ressurgissait invariablement après ces activités. C’est cette angoisse, autant que le plaisir, qui m’a mis sur la piste. L’angoisse et la peur sont souvent le signe que l’on touche à quelque chose de capital. C’est à partir de ce concept qu’une idée incroyable a fait jour : et si j’étais « faite » pour être une femme dynamique, sportive et active ? La première fois que j’y ai pensé, j’en ai eu le souffle coupé. Ce jour-là, j’ai pris une décision : j’allais tenter le coup, essayer d’être cette inconnue, sportive, débordante d’énergie, croquant la vie à pleines dents. Au pire je risquais de me rendre compte de mon erreur, de comprendre que non, j’étais décidément faite pour rester au chaud blottie dans mes livres. Au mieux j’allais enfin découvrir ma vraie nature.

Donner libre cours à mes envies

À partir de ce jour, j’ai décidé d’oser changer. J’ai passé en revue les attributs personnels qui me faisaient envie mais me semblaient hors d’atteinte. Qui voulais-je être ? Une femme active, dynamique, confiante en elle et ses capacités. Et je voulais que mon corps reflète mon mental.

Par où commencer ? Par me débarrasser de ce qui me pesait, m’enfermait, m’empêchait de vivre et de respirer : ma carapace de graisse. J’avais enfin compris qu’elle ne faisait pas partie de ma personnalité. Cette simple révélation a révolutionné ma vie.

À partir de là tout s’est enchaîné.

J’ai commencé le dernier régime de ma vie.

Avant cela, quand je me mettais au régime et que je perdais du poids, je gardais toujours mes vêtements devenus trop grands pour le jour où j’allais regrossir. Parce que, oui, j’étais dès le départ persuadée que la minceur n’était qu’une parenthèse.

Mais cette fois, dès qu’un vêtement devenait trop grand, je m’en débarrassais. J’en avais fini d’être trop grosse.

Tout n’a pas été facile. J’ai beaucoup tâtonné avant de trouver le régime alimentaire capable de me soutenir au long cours. (J’en parle plus en détail dans « Métamorphose. ») J’ai aussi mis du temps avant de trouver le bon mélange d’activités physiques pour sculpter ma silhouette sans m’épuiser. Mais une chose n’a jamais flanché : ma détermination. Car je n’étais plus une intello trop grosse qui faisait semblant d’être sportive. J’étais une femme sportive activement occupée à mettre sa silhouette au niveau de son mental.

Je suis toujours une amoureuse des livres et des idées. Je suis toujours une introvertie qui préfère le silence d’une bibliothèque aux cris d’un match de foot. Mais j’ai découvert que la course de fond me procure aussi un grand calme, et que la musculation met en jeu un nombre impressionnant de principes physiques et biologiques sur lesquels il y a plein de livres à découvrir. J’ai compris que je n’avais pas à choisir entre mon esprit et mon corps, entre la réflexion et l’activité. Je n’ai pas « changé » de personnalité, je me suis débarrassé d’entraves qui m’empêchaient d’explorer l’ensemble de mon potentiel.

Et vous, qui êtes-vous ? Qui voulez-vous être ?

Alors me direz-vous, tout ça c’est super, mais en quoi cela peut-il vous aider ?

Si je devais vous donner un seul conseil pour mincir et rester mince, ce serait de découvrir qui vous êtes vraiment ; qui vous étiez destinée à devenir quand vous êtes arrivée dans ce monde, avant que les autres, leurs peurs, leurs préjugés, leurs désirs ne vous créent un moule dans lequel vous couler. Qui êtes-vous ? Voulez-vous le découvrir ? Voulez-vous le devenir ? 

Voici comment faire le point:

1. Faîtes le bilan de vos qualités

Enthousiaste ? Organisée ? Bosseuse ? Fonceuse ? Dévouée à vos amis ?

N’ayez pas peur de faire la longue liste de vos points forts. Demandez l’aide de quelqu’un qui vous connaît bien et vous aime si vous le voulez.

Rendez-vous ici pour télécharger une liste de qualités et vous en inspirer. Le pdf vous facilitera également la réflexion sur les éléments suivants.

2. Les points qui ne vous plaisent pas

Notez que je ne parle pas de « défauts ».

Dans mon cas, je n’étais pas « une femme d’action ». Ce n’est pas un défaut, juste une caractéristique. On peut être très heureuse comme ça. Mais je ne l’étais pas.

Même chose pour mon poids. Je ne crois pas au « poids idéal ». Rien ne force une femme à rentrer dans une case ou une taille particulière. Mais mon poids ne ME convenait pas. C’était une raison suffisante pour décider de changer quelque chose.

Donc si vous êtes totalement satisfaite de votre personnalité, de votre physique et de votre vie en général, si vous ne désirez rien de plus ou de différent, ce n’est pas moi qui essayerai de vous convaincre de changer.

MAIS dans le cas contraire, je vous invite à faire une liste des points qui ne vous plaisent pas et que vous souhaitez changer.

Vous voulez vous être plus persistante dans vos efforts ? Plus optimiste dans la vie ? Plus dynamique ?

Vous êtes déjà une femme dynamique, mais vous avez l’impression que votre silhouette donne de vous une autre image ?

Prenez le temps de bien réfléchir. Est-ce que vous voudriez être ou faire quelque chose, tout en pensant que vous n’êtes « pas faite pour ça » ? Tentez le coup ! Le résultat pourrait vous surprendre.

J’étais traductrice littéraire depuis des années quand, à presque 40 ans j’ai décidé de reprendre des études pour devenir coach sportif. Au début je n’osais pas en parler, de peur que l’on me trouve ridicule. Mais vous savez quoi ? Personne ne s’est moqué de moi, personne ne m’a regardé d’un air incrédule. Au contraire, j’ai reçu de nombreux encouragements enthousiastes. J’étais bien la seule à croire que je n’étais pas « faite pour ça »…

« Est-ce que ma vie actuelle me fait justice ? »

C’est LA question à se poser.

Il s’agit de se considérer comme une amie et de se demander si on ne mérite pas mieux que ce que l’on a.

Puis :

— imaginer sa vie rêvée ;

— essayer, prendre des risques ;

— trouver ce qui nous plaît et s’y accrocher. Renoncer au reste.

— considérer sa vie comme un jardin, et pas comme un tableau. On ne vise pas un résultat figé. Certaines choses prennent du temps pour parvenir à maturité. D’autres ne durent qu’une saison. De mauvaises habitudes ou des personnes toxiques peuvent prendre racine comme des mauvaises herbes, et, parfois, le destin vient tout chambouler comme une tornade. Mais la vie continue.

Comment savoir quand vous avez trouvé la vie qui vous convient ?

1. Passé une première appréhension, vous vous sentez à l’aise. Vous n’avez pas besoin de vous convaincre sans cesse que c’est ce que vous voulez.

2. Vous ne rêvez plus de vous transformer ou de transformer votre vie à coup de baguette magique. Si un génie vous propose trois vœux, vous lui demanderez plus de la même chose. (Et la paix dans le monde.)

3. Vous ne ressentez pas le besoin de convaincre votre entourage de suivre le même chemin que vous.

4. Vous n’avez plus peur d’évoluer. Vous avez compris que votre identité ne dépend ni de votre apparence, ni de vos performances, mais de la relation que vous entretenez avec vous-même et avec le monde.

5. Vous cessez d’obéir à vos peurs.

6. Vous n’imitez personne.

7. Vous rendez justice à votre potentiel.

Et vous, êtes-vous prête à redéfinir votre existence ?