Dois-je vivre grosse, ou épuisée ?

C’est la question que je me suis posée il y a deux ans.

À presque 40 ans, j’avais déjà derrière moi 25 ans de régimes en tout genre, mais un bien « maigre » (!) résultat: J’étais épuisée, en proie à de terribles fringales, incapable d’user de ma volonté pour contrôler mon alimentation, incapable de soutenir l’activité physique que je souhaitais… J’avais en outre commencé à perdre mes cheveux ; mes ongles étaient mous. Les premières rides disputaient la place à une acné rebelle. Et j’avais 20 kg à perdre.

Un autre point me déprimait : même en mangeant à ma faim, je n’avais que peu d’énergie. Qu’est-ce qui clochait chez moi ? C’était comme si les calories ingérées partaient directement dans mes réserves de graisse, sans que je puisse les utiliser pour avoir la force de penser, bouger… vivre comme je le souhaitais. Mon corps semblait m’échapper.

Sans le savoir, j’avais mis le doigt sur le problème exact. Je stockais l’énergie au lieu de m’en servir. 

Comment est-ce possible ?

En bref: c’est la faute des sucres.
En moins bref:
Quand on s’alimente de céréales et de féculents, ces aliments sont digérés et leurs molécules sont décomposées en glucose.
Ce glucose est un sucre simple. Quand ce sucre arrive dans notre sang, il doit alimenter nos cellules, qui s’en serviront pour la construction de notre corps (car même à l’âge adulte, nous sommes toujours en construction) et l’alimentation de nos organes (par exemple nos muscles pour marcher et notre cerveau pour rester consciente).
Le voyez le sucre est utile, mais il ne doit pas être trop présent dans notre sang. Il y a un taux au-dessus duquel notre corps doit se protéger. Pour ce faire notre pancréas produit de l’insuline. Cette insuline passe dans notre sang et en chasse le sucre : nos organes prennent ce dont ils ont besoin, et le surplus est stocké sous forme de graisse dans nos réserves.

Première révélation : oui, notre corps transforme le sucre en gras.
Deuxième révélation : ce système de régulation peut se dérégler — en fait il est déréglé chez une grande partie de la population. Et que se passe-t-il dans ce cas ? Le pancréas sécrète trop d’insuline. Trop de glucose est stocké. Nos organes ne sont pas assez nourris. Notre corps arrondit ses réserves de graisse — bonjour jolis bourrelets — mais ne dispose pas d’assez d’énergie. Nous devenons gros et toujours fatigués.
Ce fut mon cas, pendant des années. Tout cela parce que les aliments qui devaient m’apporter de l’énergie (les céréales complètes, les légumineuses, tous ces « sucres lents ») ne me conviennent absolument pas. Mon corps ne sait tout simplement pas les utiliser. Et croyez-moi, je suis loin d’être une exception en la matière ! Une étude américaine estime que 25 % des adultes dans ce pays seraient dans le même cas. (Meigs JB, D’Agostino RB Sr, Wilson PW, Cupples LA, Nathan DM, Singer DE. Risk variable clustering in the insulin resistance syndrome. The Framingham Offspring Study. Diabetes 1997 ; 46:1594–600.)

La solution?

Limiter drastiquement les sucres de toutes sortes. Cela signifie ne plus manger de produits sucrés, de féculents, ni de fruits, et ne conserver comme sources de sucres que les légumes (légumes verts, poivrons, tomates...). Il s’agit en outre de manger viandes, poissons et œufs pour satisfaire ses besoins en protéines, sans excès, et de consommer des graisses de bonne qualité pour satisfaire sa faim. Cela s’appelle l’alimentation cétogène.

Renoncer aux fruits mais mettre une double dose de crème dans mes épinards pour espérer perdre du poids ? Cela semblait fou, mais je décidais de tenter l’expérience. 

Je suis passée à une alimentation cétogène le 12 juillet 2014, « pour voir ». J’étais persuadée que les glucides me convenaient bien, et pas vraiment sûre que cette histoire de « régime gras » soit faite pour moi.
Six jours plus tard, dans mon journal, je note : « j’ai toujours su que j’aimais les sucres. Mais jusqu’ici je n’avais pas compris que j’y étais accro. »

En relisant mon journal, je relève une tendance. En juin et juillet 2014 (avant de changer d’alimentation), mes notes sont des variations sur le thème « je suis fatiguée et je manque de sommeil ». En août et septembre, je me félicite de mon énergie, de mes records personnels à la salle de gym (je fais de la musculation) et du plaisir de courir.
Clairement, quelque chose a changé… pour le mieux. Bientôt, je suis obligée de refaire ma garde-robe. Mes pantalons taille XL me tombent littéralement sur les genoux (c’est très gênant en pleine rue !). Je vais en essayer dans une boutique et ressors, stupéfaite, avec des pantalons taille M. Jamais de ma vie d’adulte je ne me suis habillée en M !

C’était il y a 2 ans, et je ne regrette rien.

Et pour vous, comment ça se passe avec les sucres?