Pourquoi j’ai mal partout après le sport ?

Vous avez fait une bonne petite séance de gym ou de vélo, vous vous sentez agréablement fatiguée, et le soir venu vous vous endormez comme un bébé. Ah, les joies du sport... Seulement voilà, le lendemain matin au moment de s’extraire de la couette... AÏEHEU ! Impossible de bouger, vous avez mal partout et les muscles raides.

Bienvenue dans le monde magique des courbatures.

Elles apparaissent souvent le lendemain d’un effort musculaire important, mais atteignent leur pic le jour suivant, soit 48 heures après-coup, et mettent plusieurs jours à disparaître (jusqu’à une semaine). 

Elles sont plus prononcées au d le muscle est froid, comme au réveil ou quand vous venez de passer plusieurs heures immobiles au bureau. Elles peuvent varier d’intensité, mais la bonne nouvelle c’est qu’elles ne sont pas dangereuses, et qu’elles n’empêchent en rien de faire travailler ces mêmes muscles. 

Mais pourquoi ça fait mal ?

Le truc magique avec les courbatures, c’est qu’au 21e siècle, alors qu’on se prépare à marcher sur Mars, on ne sait pas encore très bien pourquoi on a des courbatures. 

Au siècle dernier (c’est-à-dire il y a quelques années encore), on accusait l’acide lactique. C’est une substance produite pendant l’effort musculaire, et comme c’est un acide, ça semble logique de penser que ça fait mal par où ça passe, non ? Sauf que l’acide lactique disparaît 1 à 2 h après l’effort, alors que les courbatures mettent une douzaine d’heures à apparaître...

La théorie la plus communément admise actuellement, c’est que les microtraumatismes subis par les muscles au cours de l’effort sont la cause des courbatures, et que quelque part dans l’histoire le système immunitaire à son mot à dire. Mais tout cela reste nébuleux. 

Des microtraumatismes ? Mais je croyais que le sport était bon pour les muscles !

Et ben non ! Ce qui est bon pour les muscles, c’est l’alternance de périodes d’effort et de périodes de récupération. 

Pendant l’effort, les muscles sont soumis à un stress répété sous l’effet duquel ils s’abiment. Dans les heures et les jours qui suivent, par contre, ils se reconstruisent de manière à être plus forts et mieux résister à un nouvel effort de nature et intensité similaires. 

Est-ce que les courbatures sont la preuve d’un bon entraînement ?

En bref ? Non !

En moins bref : on peut avoir très bien travaillé ses muscles et ne pas avoir de courbatures les jours suivants. À l’inverse on peut être perclus de courbatures parce qu’on a... la grippe. 

Sans compter que les différents efforts musculaires ne produisent pas tous des courbatures. Ainsi les efforts concentriques (qui raccourcissent le muscle) ne produisent pas de courbatures. Les efforts isométriques (durant lesquelles le muscle ne bouge pas » comme quand on tient une pose) en produisent peu, et les efforts excentriques (lors desquels le muscle s’étire) en produisent le plus. 

Donc ça fait mal et ça ne sert à rien ? Alors comment on s’en débarrasse ?

On peut atténuer les douleurs de plusieurs manières. 

En s’entraînant de manière progressive, afin d’augmenter la charge de travail sur plusieurs semaines au lieu de se lancer à fond dès le 1er jour. (Bonus, ça évite aussi les blessures bêtes.)

En prenant une douche ou un bain très frais dans les heures qui suivent l’effort (mais pas tout de suite après, histoire de ne pas faire une crise cardiaque) ou à l’inverse en chauffant le muscle endolori avec un bain ou une compresse dans les jours qui suivent. Froid et chaleur ont au final le même effet : augmenter l’afflux de sang dans le muscle concerné, pour lui permettre de se réparer plus vite. 

Certaines personnes prennent de l’aspirine juste après l’effort. Ça marche, mais il faut garder à l’esprit que l’aspirine est un médicament et demander l’avis d’un professionnel de santé, comme votre pharmacien. Ce dernier peut aussi vous conseiller des crèmes chauffantes à appliquer localement pendant quelques jours.

Mais le meilleur moyen d’atténuer la douleur des courbatures, c’est encore de bouger !

Pas de se refaire une grosse séance de sport (vous avez besoin de récupérer), mais de marcher, nager ou pédaler tranquillement. 

C’est vrai, les premières minutes sont très inconfortables, mais une fois les muscles chauds la douleur s’atténue de manière notable. Et le plus beau, c’est qu’il n’y a aucun « retour de bâton », c’est-à-dire qu’on n’a pas plus mal le lendemain que si on avait passé la journée immobile. À croire que le corps humain est fait pour bouger ! :)